mercredi 13 mars 2013

"Nuisibles", les réponses des associations écologiques

Rappel : lire l'article suivant

ASPAS, une réponse très satisfaisante !

L'ASPAS a effectivement été consultée et a été invitée à 2 réunions sur les 6 qui se sont tenues au sujet de la nouvelle réglementation relative aux espèces "nuisibles". Mais suite à ces 2 réunions, et à la demande des chasseurs, notre association a été complètement écartée des discussions. De plus, étant donné la tournure que prenaient les débats, l'ASPAS ne souhaitait même plus participer, de crainte de donner une légitimité à des textes qu'elle ne cautionne pas. Dans sa circulaire qui cite l'ASPAS, le Ministère arrange la réalité des faits.

En outre, il est intéressant de noter que ces réunions ne définissaient pas la liste des "nuisibles". Cette liste a été arrêtée par les services du ministère par la suite. Non satisfait de ce résultat, nous sommes aujourd'hui engagés dans un recours devant le Conseil d'Etat.

Donc oui, nous avons participé, au début, à ces groupes de travail pour faire évoluer la réglementation, mais non, nous ne sommes pas responsables du résultat auquel nous nous opposons.

Plus précisément, nous sommes fièrement responsables d'une chose dans le cadre de cette réforme : les listes départementales des espèces "nuisibles" comportent beaucoup moins d'espèces qu'auparavant grâce à l'importante jurisprudence accumulée par l'ASPAS tout au long de ses années de combat et qui a enfin été prise en compte par le Ministère. Il s'agit des actions que l'on rapportait dans notre magazine Goupil et auxquelles vous faites référence dans votre message : ces actions que l'on vous relatait ont porté leurs fruits, le putois par exemple n'étant plus classé "nuisible" nulle part en France.

Nous avons expliqué tous ces éléments dans différents numéros de notre magazine, que vous ne recevez malheureusement plus.

L'ASPAS entend bien continuer à lutter contre ces classements absurdes et cette notion archaïque.

Espérant avoir répondu à vos inquiétudes, veuillez recevoir nos cordiales salutations,

LPO, une réponse aussi satisfaisante ! 

Tout d'abord merci de nous solliciter avant de porter un jugement, certaines
personnes ne prennent pas toujours cette précaution.
Ensuite, nous tenons à vous rassurer: la LPO se bat contre cette
réglementation dite des "nuisibles". A ce titre vous voudrez bien trouver
ci-joint quelques de nos articles et réactions sur le sujet:

http://www.lpo.fr/actualit%C3%A9/nouveaux-arr%C3%AAt%C3%A9s-sur-la-chasse-et
-les-nuisibles

http://www.lpo.fr/actualit%C3%A9/la-liste-des-esp%C3%A8ces-dites-nuisibles-s
allonge-encore-la-lpo-invite-%C3%A0-r%C3%A9agir



Enfin, nous savons bien que le gouvernement n'est pas prêt à mettre un terme
à cette réglementation pour ne pas se mettre à dos les lobbys des chasseurs
et agriculteurs. C'est pour cette raison que, même si nous avons d'entrée de
jeu dit que nous étions contre la notion même de "nuisibles", nous avons
choisi de participer aux groupes de travail, non pas pour négocier ou
trouver des compromis mais tout simplement pour dire au ministère et à nos
adversaires qui restent sourds, que nous n'étions d'accord sur aucun des
points de la réforme à venir. Je vous précise que ce groupe de travail qui
s'est réuni 3 fois n'était pas là pour proposer une réforme à écrire mais
pour amender et donner un point de vue sur un texte déjà rédigé par le
ministère et les chasseurs!! Nous n'avons en rien été associés à l'écriture
de la réforme. Nous avons donc simplement voulu nous exprimer au sein de ce
groupe, dire nos profonds désaccords et tenter de ne pas obtenir pire que ce
qui existait jusque là. Bien sûr, cela a été interprété comme une validation
du texte par les associations alors que c'était tout le contraire...
Au final, nous avons attaqué cette réglementation dans son entier aussi bien
sur les aspects formels que sur le fond.
Enfin, pour information, sachez que nous avons quand même, par nos
revendications réitérées pu sortir le putois de la liste des espèces dites
"nuisibles" et tentons de sortir également définitivement la belette qui
n'est plus que classée dans 3 départements. C'est une petite bataille de
gagnée mais nous n'abandonnons pas les autres ...

En espérant avoir pu vous rassurer sur notre action,


Humanité et Biodiversité (ex ROC)

Nous ne faisons pas partie d'un groupe qui établie la liste des nuisibles, cette liste est établie par le ministère (ou les préfets suivant le cas). 

Nous avons fait partie d'un groupe de concertation mis en place par le ministère lorsqu'il a engagé sa réforme du dispositif. 

Et nous y avons défendu la faune sauvage: ce qui est bien notre objet. 
Nous n'avons pas obtenu l'abandon de la notion de "nuisibles" (que nous réclamons - voir notre site pour plus de détails)   ; le ministere n'a pas engagé sa réforme sur cette base. 

Mais grâce à notre travail (avec LPO et FNE) il y a moins d'espèces classées (exemple putois nul part, belette quasi pas) et les conditions de piégeages ont été limitées (périodes, lieux etc). 

Défendre la nature, c'est aussi pour nous aller la défendre dans les lieux ou se prennent les décisions.


France Nature Environnement

Vous avez sollicité notre fédération afin d'avoir des précisions concernant notre participation aux tables-rondes chasse qui se sont tenues suite au Grenelle de l'Environnement.

Le sujet des pratiques cynégétiques ayant été écarté des discussions du Grenelle de l'Environnement, le gouvernement a proposé aux différents acteurs concernés de se réunir au sein d'une table ronde chasse pour discuter en toute franchise des sujets qui fâchent et tenter de trouver les moyens d'avancer sur des dossiers bloquants comme les nuisibles ou les questions relatives à la sécurité des battues pour les chasseurs et non chasseurs. C'est à l'occasion de ces tables-rondes qu'il a été convenu que la réglementation relative aux animaux nuisibles n'était pas adaptée, mais les discussions n'ont pas du tout abouti à dresser une liste de nuisibles. Ces tables-rondes n'ont débouché sur aucun accord. 

La nouvelle réglementation applicable récemment est issue d'une proposition gouvernementale discutée au sein du Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Nous avons pu grâce à notre acharnement éviter le pire et rappeler un certain nombre de principes en ce qui concerne ces espèces dites nuisibles. Étant minoritaire dans cette instance, nous ne pouvions guère faire plus et je rappelle que cette instance est chargée de rendre un avis à la ministre en charge de la protection de la nature, avis qu'elle n'est pas tenue de suivre.

Je vous rappelle que dans le même temps, ce  même principe de table-ronde a été retenu pour les questions relatives au bien-être animal des animaux d'élevage et des animaux de spectacle où plusieurs réunions se sont tenues au ministère de l'agriculture, réunions auxquelles les principales associations de protection animale ont d'ailleurs participé. Je ne crois pas que pour autant l'on puisse en conclure que ces associations de protection animale ont transgresser leur mission en discutant avec les syndicats d'éleveur, les représentants de l'industrie agro-alimentaire et autres acteurs. Ayant moi-même participer à ces tables-rondes sur le bien être animal, j'ai trouvé qu'il était plus qu'utile d'avoir des discussions franches avec les interlocuteurs d'autres bords, et ce d'autant plus que ces discussions ne devaient déboucher sur aucun engagement.

Nous pensons sincèrement avoir rempli notre mission de protection de la nature, notre fédération ayant pour mot d'ordre d'être force de propositions. Vous pensez que d'autres méthodes seraient plus efficaces, mais nous restons persuadés que le dialogue est plus efficace que la politique de la chaise vide.

Et notre réponse à la FNE 

Bonjour Stéphanie Morelle et merci de votre réponse, sensiblement identique à celles des autres associations contactées que vous pouvez lire ici : http://lvnnap-co.blogspot.fr/2013/03/nuisibles-les-reponses-des-associations.html
L'article en référence semblait dire que vous aviez participé à la nomination des espèces nuisibles et non pas à participer à un débat pour ou contre le classement de certaines espèces animales en nuisibles, ce en quoi, il aurait été important de participer à ce débat. Ceci pour vous interpeller sur la question de la chaise vide et pour vous dire que je n'y suis pas opposé contrairement au compromis.
Et c'est bien le compromis qui l'a emporté lors des Rencontres Animal et Société, compromis dont les animaux ont été les premières victimes une fois de plus.