mercredi 5 juin 2013

Hollande invite les chasseurs à l'Elysée. L'instinct de meurtre honoré !!


Lettre ouverte au Président de la République et copies aux ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture


Je viens de prendre connaissance d’un communiqué[i] indiquant que vous avez reçu une délégation de la Fédération Nationale des Chasseurs en compagnie de votre  ministre de l’écologie et de votre ministre de l’agriculture et de la forêt.

Je constate donc, avec beaucoup de tristesse, que les animaux ne sont pas considérés comme des êtres vivants, sentients mais comme des choses gênants plus ou moins les activités humaines. Encore faudra-t-il que l’on m’explique en quoi les oiseaux migrateurs ou le  « gibier d’eau » représentent une menace pour les activités humaines. Cette délégation de chasseurs vous a d’ailleurs interpellé sur la volonté de certaines ONG (et des personnalités politique aussi !) de voir le statut de l’animal modifié afin que sa sensibilité soit reconnue puisque qu’il est encore  considéré, aujourd’hui, comme un bien meuble. Votre réponse ne figure pas sur ce communiqué et je serais très curieux de la connaitre. De même d’ailleurs que votre position sur la chasse à courre reste inconnue.
Par ailleurs, lors de votre discours d’investiture, Monsieur Hollande, je me souviens vous avoir entendu dire que vous étiez contre toutes les discriminations. S’opposer à toutes les discriminations veut dire aussi s’opposer au spécisme . Et on ne règle pas un problème de surpopulation animale (à prouver que cela soit vrai d’ailleurs !!) en lâchant des tueurs dans la nature (lire également ce document ). Il ne vous viendrait pas à l’idée de faire de même pour régler des questions « humaines » comme le chômage, ou la retraite !

Concernant d’ailleurs le spécisme, je vous avais d’ailleurs envoyé un mémoire de philosophie dont le titre est « Ethique Animale » qui explique habilement comme  et pourquoi notre société est spéciste. 

Nous avons su combattre le racisme, l’esclavage humain grâce à des femmes et des hommes déterminées-s et courageuses-x (et notamment des personnalités  politiques méritant le plus profond respect), nous devrions nous atteler, sans plus attendre, à combattre le spécisme pour une société humaine réellement juste. Et recevoir des chasseurs pour satisfaire leurs revendications n’est pas la meilleure chose que vous pouvez faire dans ce sens.

Avec mes considérations veganes
Dominique Joron



[i] Elysée : Les chasseurs reçus par François Hollande
Issy-les-Moulineaux, le 29 mai 2013
Une délégation de la Fédération Nationale des Chasseurs, conduite par son président Bernard Baudin, a été reçue à l’Elysée par le Président de la République, en présence de Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, et de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de la Forêt.
Dans une ambiance très chaleureuse, cette première et longue audience avec le Président de la République François Hollande a permis de faire le point en toute franchise sur tous les dossiers qui préoccupent les chasseurs.
Le Président de la République a souhaité que la délégation de la Fédération Nationale des Chasseurs fasse un premier bilan sans concession de l’application de ses engagements présidentiels afin de maintenir le cap ou d’accélérer. Il a ensuite demandé que soient abordés sans aucun tabou tous les sujets qui nécessitent un arbitrage de sa part ou de celui des deux ministres présents. Dans le cadre du choc de simplification, il a appelé ses ministres à faire en sorte que la réglementation de la chasse puisse en bénéficier pour mettre un terme aux procédures lourdes et inutiles. A la demande des chasseurs, la ministre de l’Ecologie a confirmé que la nouvelle procédure de consultation du public fait en ce moment l’objet d’une analyse précise de ses services, afin d’en limiter les conséquences sur la pratique de la chasse qui nécessite une réelle souplesse.
En préambule, Bernard Baudin a tenu à remercier le Président de la République, son Premier ministre et ses ministres pour la méthode exemplaire de dialogue et de concertation qui a été mise en place depuis un an et qui donne des résultats positifs.
Pour la première fois, des ministres, en l’occurrence Delphine Batho et Stéphane Le Foll, ont validé, sans la moindre modification, le compromis négocié entre la FNC et les organisations agricoles sur l’indemnisation de dégâts de gibier. Le décret très attendu dans les fédérations devrait être publié dans quelques semaines. Les mêmes ministres ont aussi validé l’accord négocié entre la FNC et l’ONF, afin de mettre un terme aux contentieux sur les schémas départementaux de gestion cynégétique. Cette nouvelle méthode de gouvernance est très appréciée par les instances fédérales.
Par ailleurs la FNC a salué le travail exemplaire de concertation qui a été conduit par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avec le Comité Guillaume Tell pour l’application de la réforme sur les armes, malgré la multiplication des faits divers. Il en a été de même pour la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui a répondu favorablement à la proposition de stages alternatifs en cas de petites infractions.
Le Président de la FNC a informé le Président de la République de la qualité du partenariat qui existe avec les deux présidents des groupes d’études sur la chasse du Parlement, Philippe Plisson à l’Assemblée nationale et Jean-Jacques Mirassou au Sénat. Les deux présidents sont très actifs et à l’écoute des besoins du monde cynégétique.
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Le Président de la République a répondu favorablement à la demande unanime des chasseurs et des pêcheurs d’être membres permanents et à part entière de la Conférence environnementale qui se tiendra en septembre. Pour les chasseurs, c’est la fin d’une longue marginalisation qui avait débuté lors du Grenelle de l’Environnement et qui s’était poursuivie dans toutes les instances de gouvernance nature issues du Grenelle.
La ministre de l’Ecologie a complété ce choix politique en confirmant le fait que les chasseurs comme les pêcheurs seraient aussi membres du Conseil National de la Transition Ecologique qui va être mis en place.
Bernard Baudin et Henri Sabarot ont ensuite obtenu la confirmation par le Président de la République du maintien de l’ONCFS comme établissement public autonome dont les missions et les moyens seront assurés, hors du champ d’intervention de l’Agence Nationale pour la Biodiversité en cours de création.
Henri Sabarot, président de l’ONCFS a proposé d’élargir la gouvernance de l’établissement public aux collectivités territoriales et a souhaité que l'on redéfinisse le rôle et la composition du conseil scientifique de l’ONCFS par rapport au GEOC et à son devenir.
Les membres de la délégation de la FNC ont demandé aux deux ministres de faire l’inventaire de toutes les instances agricoles, forestières, rurales et de gouvernance nature, où les chasseurs mériteraient d’être présents. Le Président de la République a insisté pour que cela puisse se traduire rapidement dans les faits.
Le président Bernard Baudin a fortement insisté sur la nécessité d’accélérer la sortie des textes réglementaires d’application des lois votées en 2012 ainsi que les textes de simplification de la pratique de la chasse, au plus tard en septembre 2013.
Le Président de la République et les ministres ont répondu favorablement à la demande de la FNC d’être associée le plus en amont possible, et durant tous les débats parlementaires qui auront lieu sur le projet de loi sur la biodiversité et sur le projet de loi sur l’agriculture d’avenir. Pour la FNC, ces deux textes peuvent avoir un impact très direct sur la gestion au quotidien de la chasse française et c’est la raison pour laquelle la vigilance doit être totale.
Dans le même esprit, François Hollande a donné son accord pour que la FNC signe pour la première fois une convention pluriannuelle avec la ministre de l’Ecologie comme avec celui de l’Agriculture afin d’organiser un partenariat permanent et définir ensemble des priorités d’actions avec les moyens correspondants.
La FNC a obtenu un soutien explicite du Président de la République pour le renouvellement rapide de la Convention nationale sur l’éducation à la nature qui avait été signée précédemment par les deux organisations des pêcheurs et des chasseurs et par les ministres de l’Education nationale et de l’Ecologie. Une réunion devrait avoir lieu prochainement avec les deux ministres concernés, Delphine Batho et Vincent Peillon, ainsi que la FNC et la Fédération Nationale de la Pêche en France.
Bernard Baudin a attiré l’attention du Président de la République et des deux ministres sur la proposition de loi des députés Verts sur l’interdiction de la chasse à courre et sur la volonté affichée de quelques ONG de modifier le statut de l’animal dans le Code civil, en demandant une vigilance particulière du gouvernement.
Le Président de la République a ensuite engagé un dialogue très direct avec les membres de la délégation sur des dates de chasse au gibier d’eau, sur les moratoires, sur le dossier de la Baie de Seine, sur l’état des connaissances scientifiques sur les migrateurs, sur les chasses traditionnelles, et notamment de l’ortolan, ainsi que sur les grands prédateurs, tant sur le plan national qu’européen. Un long débat très technique et contradictoire a eu lieu avec les deux ministres, notamment sur la levée des moratoires, sur la chasse des oies et la situation au Pays- Bas en particulier, et sur le rôle des chasseurs dans la gestion du loup. Le Président de la République a insisté sur le fait qu’il comprenait parfaitement les inquiétudes des chasseurs de gibier d’eau et qu’il était favorable à ce que la transparence soit complète en matière de connaissances scientifiques, avant de prendre des décisions.
Il a validé la demande de la FNC d’organiser au plus vite une réunion « gibier d’eau » avec la ministre de l’Ecologie afin de faire le point sur tous les sujets prioritaires et en particulier sur les moratoires dont la FNC demande la levée ; sur la Baie de Seine où le pragmatisme des chasseurs va conduire à une solution négociée ; et sur l’état des études scientifiques concernant les oies et leur chasse en février. Le Président a confirmé qu’il souhaitait que tout ce qui peut être décidé en conformité avec le droit, la jurisprudence et les connaissances scientifiques du moment, le soit sans perdre de temps.
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Il a aussi validé le principe d’une réunion avec le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, et les ministres concernés pour aborder tous les dossiers européens qui ont un impact direct ou indirect sur la chasse, que l’on parle de la réforme de la PAC, des chasses traditionnelles et de l’ortolan, du loup et de l’ours ou de la directive Armes.
Sur ce point, la FNC a plaidé pour que la diplomatie française se mobilise véritablement au sein de l’Union Européenne et auprès de la Commission européenne pour mieux expliquer la chasse afin que l’on arrête de caricaturer nos pratiques et que l’on tienne enfin compte de notre forte contribution au maintien de la biodiversité ordinaire dans les territoires ruraux.
La délégation de la Fédération Nationale des Chasseurs était conduite par son président Bernard Baudin, avec son vice-président, Alain Durand, ses deux secrétaires généraux, Benoît Chevron et André Douard, Henri Sabarot et Willy Schraen.