mercredi 1 mai 2013

Pour que le veganisme devienne une volonté politique

Lettre ouverte aux députées-s


Récemment la télévision via des reportages chocs s’est faite l’écho de ceux qui dénoncent la maltraitance animale. A cela s’ajoute la sortie de deux ouvrages  Bidoche de  Fabrice Nicolino et plus récemment  No Steack  d’Aymeric Caron qui viennent apporter de l’eau au moulin de ceux qui luttent pour une meilleure prise en compte du bien-être animal.

Mais certains militants animalistes ne se limitent pas à dénoncer les excès de l’élevage industriel. En effet, ces derniers poussent la réflexion encore plus loin et s’interrogent, vous interrogent, sur nos rapports aux animaux, rapports de domination qui ont conduit à cette effroyable oppression toujours croissante dont ils sont les victimes depuis si longtemps, oppression exercée par l'Homme sur eux. Alors que nous avons su, en partie, dénoncer et même condamner des discriminations à l’encontre de certaines « catégories » d’humains, notre société fonctionne sur une base discriminatoire à l’égard des animaux non-humains que l’on traite en esclaves, que l’on torture, que l’on viole ( insémination), que l’on vole (petits arrachés à leur mère pour être conduits à l'abattoir, peaux, fourrures, lait, chairs, etc..), que l’on prive de liberté et que l’on tue dans la plus parfaite indifférence,  sans que cela n’émeuve qui que ce soit sous le simple prétexte que " Ce ne sont QUE des animaux.". Certes, ce sont des animaux. Mais, au fond qu'est-ce que cela change? En quoi cela nous donne-t-il le droit de vie ou de mort sur eux en toute légalité? A notre instar, ces animaux sont  des êtres sentients qui peuvent donc ressentir joie et peine, plaisir et souffrance. Ils partagent (bien à leur désavantage) le même espace que nous, ce sont des terriens comme nous, comme les noirs ou les femmes sont des humains tout autant que l’homme blanc ! Nous sommes de la même communauté, la communauté des terriens.

Ces gens qui espèrent de tout leur cœur que nous changions radicalement notre rapport à l’animal, que d’un rapport de domination / oppression nous passions à un rapport de compassion, d’égalitarisme, de respect et de justice, ces gens se nomment les Vegans. 
Par égalitarisme, il faut entendre que les intérêts fondamentaux d’un animal ou d’un humain doivent primer sur des intérêts secondaires d’un animal ou d’un humain. Les intérêts fondamentaux sont par exemple  ne pas souffrir mais aussi  jouir de la liberté,  pouvoir réaliser des projets,  ne pas être séparé de ceux qu’on aime comme ses enfants  etc. Les intérêts secondaires sont, par exemple, manger de la viande, porter du cuir, aller à la corrida ou au cirque avec animaux (liste non exhaustive !) parce que ces intérêts secondaires signifient priver les animaux  de la liberté qui leur revient de droit, leur faire endurer de grandes souffrances suivies bien souvent par leur mise à mort programmée, leur vie n'appartenant pourtant qu'à eux comme la nôtre n'appartient qu'à nous-mêmes alors que tant d' alternatives existent en ce qui concerne la nourriture, l’habillement ou les loisirs, alternatives qui n’utilisent aucun animal.
Ce sont ces alternatives qu’utilisent les vegans. Nous souhaitons que ce ne soit plus des alternatives mais la norme ! cette norme sur notre façon de consommer qui sauverait des milliards de vies animales et permettrait de porter un coup sérieux à la faim dans le monde  mais aussi des millions de vies humaines à travers le monde  et qui rendrait la vie sur Terre bien plus belle sans cet océan se sang versé à chaque instant et notre humanité bien plus juste, enfin humaine.

Utopie ? Sans doute mais nous souhaitons que le veganisme devienne une volonté politique reconnue comme le furent d’autres courants de pensées tels que le socialisme ou plus récemment l’écologie. Nous vous remercions d’y réfléchir en votre âme et conscience afin d’en finir avec l’esclavage et sa cohorte de souffrances, de détresses et d’agonies.
Cela pourrait être si facile, s’il y avait une volonté politique dans ce sens et c’est la raison pour laquelle je vous écris.
L’exploitation animale est présente dans de nombreux secteurs d’activités mais c’est bien dans le secteur alimentaire qu’elle fait le plus de victimes, secteur qui concerne l'immense majorité des animaux-humains.
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Nous vous invitons donc à lire cinq  documents portant sur  l'éthique animale, la viande, le poisson, le lait et les œufs:
·         Ethique Animale: Cristi Barbulescu, fondateur de Mouvement Vegan, dans son mémoire de Master 2 de philosophie dresse un constat alarmant de la condition animale et propose des pistes sérieuses pour mieux comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. En cernant mieux le problème, de prendre même conscience qu’il existe un problème, il devient plus évident de pouvoir y mettre fin et qu’au lieu d’esclavage animal, il ne soit plus question que d’éthique animale ! Les animaux y retrouveraient une liberté, une quiétude et  nous, cette part d’humanité qui nous manque. 
·         La viande : Cette brochure est éditée par le Mouvement pour l’Abolition de la Viande. Ce mouvement existe depuis quelques années maintenant. Il est né en France mais il s’implante dans d’autres pays. Manger de la viande n’est pas une nécessité. Donc tuer des animaux pour s’en nourrir n’est nullement nécessaire. Cette simple réflexion, si elle était appliquée, éviterai chaque année  le massacre de milliards d'animaux qui ne veulent pas mourir et que leur propre mort effraie tout autant que nous!
·         Le poisson Poissons, le carnage
Même si, le poisson est compris dans la revendication d’abolition de la viande, parce que c’est un animal tout  simplement, il m’a semblé utile de vous faire partager cette brochure. Victimes par milliards de notre gourmandise et de notre ignorance à son sujet, le poisson ne reçoit pas ce courant de sympathie que peuvent connaître d’autres animaux plus proches de nous.
·         Le lait :Milan Kundera disait que l’homme est le parasite de la vache. C’est on ne peut plus exact comme vous pourrez le constater en lisant cette brochure éditée par LausAnimaliste. Pour que nous puissions consommer des produits laitiers pas forcément nécessaires comme le lobby du lait tend à nous le faire croire, c’est bien le drame de la séparation mère/nouveau-né que vivent vaches, veaux mais aussi brebis, agneaux.... A ces deuils répétés tout au long de leur courte existence, s’ajoutent les pénibles conditions dans lesquelles elles produisent ce lait en surabondance: hormones, grossesses à répétition après avoir été violées (inséminations), douleur de la perte de leurs petits et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on viennent les traîner alors qu'elles sont usées jusqu'à l'abattoir en guise de reconnaissance pour tout ce qu'elles auront "donné" ! 
·         Les œufs Manger des œufs, une pratique pas si anodine Si manger « du » poulet signifie devoir le faire tuer, manger un œuf n’est en revanche pas injuste en soi. Fécondé ou non, l’œuf ne ressent évidemment rien, n’a pas de    projets, et ne sera donc pas lésé. Mais cet œuf provient de l’exploitation d’une poule et indirectement de la mort de poussins (qui serviront à nourrir les visons d’élevage notamment)  qui, pareillement à nous autres humains, sont sentients. Sensibles au plaisir et à la souffrance, la poule et le poussin ont aussi des intérêts fondamentaux comme celui de vivre et de vivre libres. Ces intérêts devraient primés quand ils sont mis en balance avec notre désir gustatif si secondaire de consommer des œufs. 

Nous espèrons que ces quelques documents vous feront réfléchir sur l'effroyable condition animale, condition que nous imposons aux animaux qui ne sont pas considérés comme des êtres vivants et doués tant de sentiments que de capacité à sentir mais bien plutôt comme des objets livrés à notre merci, à nos plaisirs. Cela n’a que trop duré et il est bien temps d’y mettre fin. Le seul souci de justice devrait suffire pour permettre à ce grand et nécessaire bouleversement de devenir réalité, bouleversement sans lequel l'homme ne grandira jamais et ne trouvera jamais la paix comme l'a déclaré Victor Hugo entre autres personnages célèbres.

Ces propos vous paraissent peut-être quelque peu farfelus, tout aussi farfelus que ceux de certains philosophes des Lumières qui en leur temps osèrent remettre en cause l’esclavage pour des raisons éthiques et jetèrent pourtant ainsi les bases de l’Humanité. Nous ne sommes pas nombreux à penser cela, c’est vrai,  mais la majorité, surtout quand elle manque d’information, n’a pas toujours raison. Les remous inquiétants provoqués par le mariage pour tous en sont un témoin flagrant.

Nathalie - Dominique