lundi 8 avril 2013

Lettre ouverte à la Fédération des Parents d'élèves sur la question des cirques avec animaux


Bonjour,

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous nous présentons en quelques mots afin que vous sachiez qui est votre interlocuteur. Nous avons créé une association « leur vie ne nous appartient pas – centre ouest » , association qui œuvre pour la libération animale.

« La Libération Animale » est un mouvement politique et philosophique qui souhaite que la société porte un autre regard sur les animaux, qu’elle prenne conscience du fait que leur exploitation et leur  traitement (élevage et mise à mort)  sont  profondément cruels, injustes et par conséquent  indéfendables.
Si vous souhaitez approfondir la question, nous vous invitons à visiter notre blog et plus spécifiquement cette page

Vous vous demandez sans doute en quoi vous pouvez être concernés ? Pourtant, vous l'êtes d’une part parce qu’en tant qu’humains vous participez de près ou de loin à l’exploitation animale par votre mode de consommation (viande, lait, cuir....) et d’autre part pour la raison que nous allons développer ci-dessous.

Depuis quelques mois, nous menons une campagne tant à l’échelon national qu’européen pour qu’une loi, un décret soit voté visant à l’interdiction des cirques avec animaux.


Or, à ce jour, nous avons pu rencontrer  deux députés (Jérôme Lambert et Alain Marsaud) qui nous ont fait part de l’intérêt des enfants pour les cirques avec animaux, ce dernier ayant même ajouté lors de cet entretien qu’il existait une forte demande tant de la part du corps enseignant que des parents d’élèves.

Donc, en tant que représentant des parents d’élèves via votre fédération, nous vous interpellons aujourd'hui.

En effet, nous vous demandons de réfléchir  sur la portée de vos actes lorsque vous cautionnez ce genre de spectacle source de grande maltraitance en y emmenant vos enfants qui, innocemment, se réjouissent sous les chapiteaux ne réalisant pas toute la misère animale qui se cache derrière les lumières et la fanfare,.
Nous vous demandons de mettre en balance d’un côté la joie éphémère des enfants face à des animaux qu'ils croient heureux et de l’autre la si triste existence de ces animaux engendrée par le fait que des adultes y conduisent leurs enfants. Le plus important, vous en conviendrez, est la liberté de ces animaux, liberté dont ils sont totalement privés puisque incarcérés à vie dans des conditions les conduisant fatalement à la folie. Les comportements stéréotypés, comme le balancement incessant des éléphants ou les allers retours des fauves dans leurs cages, en sont d’ailleurs un marqueur dont il faudra bien un jour que les pouvoirs publics se préoccupent. On ne peut pas admettre que des êtres vivants puissent vivre cela toute leur vie. Imaginez-vous un instant à la place des deux éléphantes de Lyon, qui ont fait la une des journaux, et qui sont privées de liberté depuis 1968 !...  année où elles ont été capturées comme il fut un temps nous capturions des « nègres » pour les planteurs de cannes à sucre ! A cette époque, la discrimination tournant autour de la race était la norme, acceptée  sans doute par l’immense majorité tout comme l’est aujourd’hui la discrimination spéciste.

Cette discrimination basée sur l’espèce ancrée dans les esprits comme une chose normale de par notre conditionnement permet de torturer ou de maltraiter des animaux – car il s’agit bien de maltraitance et y compris dans les  cirques où certains circassiens font plus  attention à leurs animaux dans le respect de la réglementation en vigueur. Si une telle discrimination inacceptable pour qui montre un minimum de sensibilité perdure, c'est justement  pour des motifs secondaires comme celui de l’émerveillement des enfants qui ont mille autres moyens de d’être ébloui  sans que cela engendre de la souffrance!

Enfin, est-ce éduquer un enfant que de lui montrer  le martyre maquillé de paillettes? A l'évidence, ces animaux emprisonnés à perpétuité  sont  malheureux et n’accompliraient jamais, à l’état sauvage, ces numéros réalisés contre leur gré et parfois douloureux.

Nous vous remercions d’y réfléchir avec toute votre conscience et nous sommes à votre disposition si vous avez des questions.
Nous vous adressons nos salutations les meilleures.

Dominique Joron
Pour « Leur vie ne nous appartient pas –centre ouest »