vendredi 29 mars 2013

Manifestations taurines...taureaux et chevaux n'y sont pas à la fête!

Tract noir et blanc de 4 pages en A5, téléchargeable en pdf


Si le caractère cruel de la corrida n’est pas nié mais qu’il bénéficie d’une tolérance dans un ensemble démographique de Bordeaux à Fréjus et de la garrigue à la mer selon la dernière jurisprudence[1], qu’en est-il des autres tauromachies ?

On peut classer ces spectacles taurins en trois grandes catégories : les courses landaises et camarguaises, les lâchers de taureaux et les marquages d’animaux. Ces deux dernières pratiques sont tout aussi bien le fait du monde de la bouvine que de celui du milieu taurin (en particulier en Espagne et dans les pays d’Amérique du Sud en ce qui concernent les lâchers de taureaux.)

Les  courses landaises et camarguaises. Ces courses se font dans des arènes. Pour  les premières, cela consiste à faire des sauts plus ou moins périlleux au-dessus d’une vachette. Pour les secondes, de tenter d’enlever à l’aide de crochets (razet) des attributs (pompon) fixés entre les cornes du taureau.
Quelquefois, le razet blesse l’animal, (œil crevé par exemple). Il peut aussi se cogner contre les barrières en bois de l’arène quand il charge les razeteurs.
A noter qu’à la fin des spectacles qu’il soit landais ou camarguais, les taureaux ne sont pas mis à mort.

►Les lâchers de taureaux : Il s’agit de lâcher des taureaux dans la rue, encadré souvent par des cavaliers. Ils peuvent prendre différente appellation comme abrivado, bandido.
Mais des attrapaïres (souvent des jeunes du village) « s’amusent » à stopper le taureau dans sa course et bien souvent avec des gestes violents pour l’animal déjà bien stressé par tout ce qui lui arrive.
On peut aussi s’interroger sur la mentalité des autorités compétentes et des medias locaux qui encouragent ces pratiques imbéciles ?
Après, les animaux  sont reconduits dans les camions où ils peuvent y passer des heures en plein soleil et sans eaux dans l’indifférence général des fêtards.

Dans certaines régions ibériques, on rajoute à l’angoisse et à l’horreur en induisant d’une matière inflammable les cornes des taureaux que l’on enflamme, transformant l’animal affolé en torche vivante. C’est le Toro de Fuego. Enfin, nous avons à Tordesillas, le Toro de la Vega, les villageois poursuivent qui à pied qui à cheval, un taureau qu’ils transpercent de leurs lances acérés.

►Les stérilisations et les marquages : Presque tous les taureaux utilisés dans ces courses sont soumis au "bistournage", consistant  à les rendre stériles en brisant, sans anesthésie, les canaux spermatiques par torsion au moyen d'une pince.
Tous les bovins camarguais et tous les chevaux de gardians sont marqués  au fer rouge.
Le jour de ce marquage au feu, on découpe sans anesthésie les oreilles des veaux et des génisses pour leur donner une forme spécifique à chaque éleveur. C'est "l'escoussure".
Cette double opération de marquage, érigée en spectacle, donne lieu à une fête vendue à des  touristes, à des comités d’entreprise ou à des centres sociaux sous le nom de "ferrade". Les amateurs qui paient pour voir de jeunes animaux traqués, jetés au sol, brutalisés, brûlés et mutilés peuvent-ils avoir d'autres motifs que le sadisme ?



[1] Importée en France par Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, vers 1850, constituant une infraction à la toute jeune loi Grammont, la corrida bénéficia d’une réelle reconnaissance vers 1920 quand elle fut taxée (suite à une campagne de la SPA) et en 1951 quand un alinéa dans l’article 521-1 toléra « les courses de taureaux quand une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. » Pourtant les taurins ne se contentèrent pas de cette loi plutôt en leur faveur mais n’eurent  cesse de proposer des corridas ailleurs. Alors, dans les années 90/2000, des procès  à répétition s’ensuivirent, procès  majoritairement perdus par les opposants à cette barbarie. Ainsi, contre toute attente, les juges ont vidé la loi de son sens et des corridas sont tolérées en des lieux ne bénéficiant pour certaines d’aucune tradition, pour d’autres d’une interruption de plus d’un demi-siècle et l’expression « local » signifie aux yeux de ces juges, une grande partie du Sud de la France.